//
Vous lisez...
insolite, Pris de marteau

Almagro, Bertens et les détails

Qui veut faire de grandes choses [dans le tennis] doit penser profondément aux détails”, écrivait Paul Valéry, le tennis en moins. Les meilleurs joueurs du monde essaient, le plus possible, de ne rien laisser au hasard. S’ils jouaient à la roulette russe, ils le feraient avec un barillet vide. Exceptés quelques rares farfelus comme Fognini ou Gulbis capables d’opter pour le pistolet automatique. Ils savent à quel point le résultat final peut être à un match ce que Bernard Tapie est à la politique. Donner lui un micro, il vous chantera “L’Opportuniste” de Dutronc, père. Au moindre petit coup de vent, il peut basculer d’un coté. Ou de l’autre. Pour cette raison, les artistes de la raquette changent leur instrument après un certain nombre de jeux. Pour éviter, entre autres, de casser une corde sur un point important. Une mésaventure qu’a connu Nicolás Almagro. Alors qu’il mène tranquillement 6/1 5/3 au premier tour du tournoi de Barcelone, le sosie de Cyril Hanouna se procure deux balles de match sur le service de Teymuraz Gabashvili. Sur la deuxième, il décentre sa frappe. Le cordage cède. Le point s’envole. La victoire aussi. L’Espagnol au langage fleuri s’incline finalement 6/1 6/7 2/6.

Le matériel n’est pas l’unique paramètre à maîtriser. L’attitude peut également changer radicalement le cours d’une rencontre.  Kiki Bertens ne le sait que trop bien. Opposés à la France en demi-finale de Fed Cup, les Pays-Bas empochent le premier set du double décisif. La France, notamment Caroline Garcia, est au fond du trou, accumule les fautes directes. À 3/3 dans le second set, les Néerlandaises se procurent une balle de break aux allures de coup de grâce. L’autre Kiki de la partie, Mladenovic, lâche alors un brutal passing de revers. Prête à tout pour gagner, Bertens, doigt levé, s’empresse d’aller entourer la marque. Semblant moins convaincue, Richèl Hogenkamp, sa partenaire, regarde une dernière fois la trace avant de se diriger vers son banc. Mais la tentative de “filouterie” ne prend pas. Monsieur Jake Garner donne le point aux Françaises. Le tournant du match. Perçu comme une volonté de tricher, ce fait de jeu électrise encore un peu plus le public et galvanise les Bleues. La motivation prend le dessus sur l’inhibition, Maldenovic et Garcia deviennent les patronnes sur le court et décrochent la qualification pour la finale

Un match de tennis peut se jouer à rien. Selon Properce, “avec un rien l’on fabrique une histoire énorme.” Grâce à celui “offert” par Kiki Bertens, la France a l’opportunité  de se fabriquer un troisième succès en Fed Cup après ceux de 1997 et 2003.

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Follow PRISE MARTEAU on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :