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Insolite

C’est la faute du petit diable docteur en philosophie et maître des joutes oratoires capable de mettre Bernard Tapie K.O en trois mots et six virgules

Nous entendons tous des petites voix (oui, hein ? Rassurez-moi !?). Au moins deux. Celles des bonne et mauvaise consciences souvent symbolisées par un ange et un diable parlant à l’oreille d’un personnage en plein dilemme. Chez Benoît Paire, le protagoniste cornu est un docteur en philosophie maître des joutes oratoires  capable de mettre Bernard Tapie K.O. en trois mots et six virgules. Celui affublé d’une auréole est un timide maladif narcoleptique éduqué à la téléréalité, feignant d’être muet pour cacher son cheveux sur la langue et son bégaiement.  Résultat, le plus rouge des deux n’a pas de de mal à remporter les débats et le surnommé Ben” en subit régulièrement les conséquences : il fissure. Le dernier “coup d’éclat” du genre a des airs de faille de San Andreas.

Opposé à Filippo Volandri au premier tour du Challenger de San Benedetto cette semaine, la Grande tige” (1,96 m, 80 kg), s’est attirée les huées de la foule italienne. Facile vainqueur du premier set, le Français s’autorise une petite balade sur l’ocre en fin de deuxième manche. Façon dolce vita, profitant du soleil de la côte adriatique, il marche guidé par le vent, frappant nonchalamment, par-ci par-là, quelques balles croisées par hasard au détour de la promenade. Une fois le teint assez hâlé à son goût, l’Avignonais de naissance a jugé de bon de mettre fin à son divertissement pour retourner à ses appartements. À 2-0 contre lui dans l’ultime round.

Selon L’Équipe, l’amortisseur”  aurait senti une blessure à la cheville se réveiller. Le piètre spectacle offert serait la conséquence de la frustration engendrée par le retour de cette douleur. Certes, le bonhomme a connu des pépins physiques l’ayant longuement éloigné des terrains et un nouvel arrêt aurait de quoi mettre un coup au moral. Mais plutôt que de jouer les vilains garnements et écorner une nouvelle fois son image, n’aurait-il pas mieux fait d’abandonner directement ? Facile à dire, difficile à faire pour certains. Le tennis pousse ses pratiquants au bout de leurs capacités mentales. Jusqu’à parfois produire des comportements totalement absurdes. Depuis son plus jeune âge, Benoît Paire a toujours eu du mal à se contenir sur un court.

Lucide à propos de lui-même, notre héros incontrôlable estime tout de même avoir fait un sacré bout de chemin depuis l’adolescence. “Je sais que je peux être un petit con sur le terrain”, a-t-il confié en avril 2013. “Mais c’est toujours par rapport à moi, par rapport à mon jeu. Parfois, c’est vrai aussi, je joue un peu en marchant. Franchement, j’accepte tout ce qu’on dit sur moi tant que c’est vrai ! Sincèrement. C’est vrai que je m’énerve, que je suis colérique. Mais ça va de mieux en mieux. Si certains m’avaient vu il y a dix ans… Ils se diraient aujourd’hui : ‘c’est un ange’ ! Je suis colérique, mais je fais des efforts crois-moi.” Pour passer un cap, amener sa carrière au paradis, l’écorché vif de 26 ans va devoir gonfler le bagou et la répartie de son petit ange. Histoire que la voix de la raison prenne le pas sur le côté obscur lorsqu’il commence à vivre l’enfer sur le court.

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