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Échanges

“J’ai des objectifs très élevés”

Mis en lumière par son match accroché (défaite 7/6 6/3) face à Novak Djokovic après une victoire sur Benoît Paire au premier tour du tournoi de Bercy l’an passé, Pierre-Hugues Herbert bénéficie cette année d’une wild card pour le Masters 1000 parisien. Ce jeudi, à Paris, l’actuel 120e joueur mondial s’est prêté au jeu de la conférence de presse. Détendu, souriant, peu avare en humour, P2H est revenu sur sa saison 2014, ses objectifs, et sa défaite face à un certain champion au slip trop serré hier à Bâle.

P2H163543Malgré la lourde défaite (6/1 6/1), le match contre Rafael Nadal à Bâle reste quand même une belle expérience ? Et comment as-tu trouvé Rafa pour un joueur qui a l’appendicite (sourire) ?
Je ne l’ai pas vu qu’il avait l’appendicite (rire) ! C’était une belle semaine pour moi. J’ai plutôt eu de très bons résultats (victoire sur Struff en qualif’ puis sur Roger-Vasselin au premier tour), je joue bien en ce moment (sorti des qualifications à Stockholm, il bat Carreño-Busta au premier tour). C’est sûr que le match contre Rafa n’a pas été une partie de plaisir. Je n’ai malheureusement pas été à mon niveau sur ce match (30 % de premières balles, 11 doubles fautes, 30 fautes directes). Est-ce que c’est l’effet Rafael Nadal ? Sûrement, en tout cas je suis passé à côté de ce match. Il y avait pas mal de déception à la fin. Maintenant je vais garder le positif de cette semaine. C’était la première fois que je gagnais un match en ATP 500 en simple, et j’ai appris ce matin que je bénéficie d’une wild card pour le tableau final de Bercy donc ça enchaîne. Je vais avoir la possibilité de me reprendre cette semaine et de continuer, j’espère, sur la bonne lancée que j’ai en cette fin de saison.

Tu savais que si tu gagnais ce match contre Nadal tu étais top 100 ?
Oui, je l’avais entendu.

De toute façon ce n’est sans doute qu’une question de semaines maintenant, c’est sûrement ton objectif principal ?
Oui, après le top 100 n’est pas une fin en soi. C’est sûr que le top 100 permet de rentrer directement dans les tableaux du Grand Chelem, c’est ça l’objectif. Moi j’ai toujours progressé un peu à mon rythme. Je pense que si on prend ma courbe de progression, je grappille des places chaque année et l’important c’est que je progresse sur le terrain. De toute façon, si je progresse sur le terrain et que mon niveau est meilleur : le classement suivra. Je suis tout proche (du top 100). Mais j’ai quelques points à défendre en fin de saison, il va falloir que je joue bien. J’ai encore deux semaines à jouer, et si je joue bien je peux prétendre à une place dans le tableau final de l’Open d’Australie. Ce qui serait énorme !

Révélé à Umag cet été, Ćorić a de très bon résultats sur le grand circuit depuis quelques mois et est de nouveau très performant cette semaine à Bâle. Tu as joué contre lui (deux victoires de P2H : en qualification à Wimbledon cette saison, et au challenger de Yokohama l’an passé ). Selon toi, quelles sont ses forces et à quel niveau estimes-tu son potentiel ?
Je me suis rendu compte que j’ai joué à peu près à la même période contre (Alexander) Zverev (victoire de P2H lors du challenger de Saint-Rémy début septembre) et Ćorić qui sont les jeunes qui montent. Ce sont des joueurs très précoces (17 ans tous les deux). Ce qui m’impressionne pour leur âge, en tout cas en ce qui concerne Borna Ćorić, c’est que dans la tête il est très en avance. Moi à 18 ans je me tirais les cheveux, je ne faisais que des bourdes, je jouais deux bons jeux et derrière je jouais deux jeux où je n’y étais plus du tout. Je n’avais pas du tout ce fighting spirit qu’il a. Il est très en avance pour son âge. Je l’ai vu jouer à Bâle, c’est très solide. Ça promet pour la suite.

Tu t’es révélé à Bercy l’année dernière, cette saison tu as confirmé en battant des mecs comme Janowicz (à Halle), Tomic (à Kuala Lumpur), Carreño-Busta (à Stockholm), Struff et ERV (à Bâle)… Quel regard portes-tu sur ta saison ?
Déjà le fait d’avoir bien joué à Bercy m’a fait réaliser des choses. Après je pense que j’ai mis quand même un peu de temps à digérer ce tournoi, ces résultats. Je ne pense pas avoir fait une très grande saison cette année. J’ai eu des hauts et des bas, des bonnes semaines et de très mauvaises semaines. Il va falloir que je m’appuie sur cette saison et que l’année prochaine j’arrive à faire une saison plus complète. Je progresserai au classement si j’arrive à faire ça.

Quand on regarde ton parcours, tu as une progression très régulière. Tu n’as jamais eu de gros trous, tu as toujours mené ton petit bout de chemin. Jusqu’où te sens-tu capable d’aller ?
J’ai l’impression de progresser tous les mois. Chaque année année j’ai l’impression d’être meilleur. Je n’ai pas la sensation d’avoir atteint mon niveau final donc j’ai vraiment l’impression de pouvoir encore progresser. Quand on voit le match que j’ai fait contre Nadal, ou plein d’autres matchs cette année sur lesquels je gère très mal certaines situations, on se dit que j’ai encore des progrès à faire et que j’ai un potentiel pour aller plus haut. En tout cas, c’est ce que je me dis. Mais je ne sais pas franchement jusqu’où je peux aller. J’ai des objectifs très élevés que j’essaierai de poursuivre toute ma carrière.

Lesquels ?
J’ai toujours voulu gagner un tournoi du Grand Chelem. À partir de là, quand on gagne un Grand Chelem on joue avec les premières places mondiales et j’ai toujours voulu être tout en haut.

Tu pratiques un tennis d’attaque qui est un peu « démodé » aujourd’hui sur le circuit…
Il faut que ça revienne à la mode alors (rire) !

…est-ce que tu t’es déjà posé des questions par rapport à ça ? Dans ta jeunesse, est-ce que tu t’es dit : « Je ne sais pas si le futur appartient aux serveurs-volleyeurs, peut être que je me trompe » ?
Bien sûr. J’ai eu un moment de doute où j’ai voulu jouer un peu “comme tout le monde” on va dire : jouer du fond, ne plus trop monter, jouer un jeu où je tape fort avec une belle qualité de balle. Et finalement, je me suis très vite aperçu que ça ne servait à rien. Il y en avait déjà des milliers qui jouaient comme ça et ce n’est pas en commençant maintenant à jouer de cette façon que j’allais avoir leur niveau. Je me suis rendu compte que c’est grâce à sa différence qu’on fait, justement, la différence sur le terrain. J’ai réalisé il y a un an et demi, deux ans qu’il fallait que je joue un tennis d’attaque pour gêner les joueurs que j’avais en face. Qu’il fallait que je leur propose autre chose que ce dont ils ont l’habitude et que c’était ça ma force. Donc j’ai travaillé là-dessus et les résultats ont assez rapidement suivis. Après, effectivement, beaucoup disent du jeu d’attaque qu’il est difficile à maîtriser. Il faut de l’expérience et savoir maîtriser beaucoup d’armes. Il faut que dans la tête ça suive aussi. Toujours monter, toujours agresser, ce n’est pas évident à gérer. Au fil des années je le gère de mieux en mieux et j’espère que ça va continuer dans ce sens.

Tu as de bons résultats en double (vainqueur à Tokyo en début de mois aux côtés de Michał Przysiężny). Penses-tu continuer à le jouer et estimes-tu qu’il est possible d’être à la fois un bon joueur de simple et de double ?
Je me suis fait charrier la semaine après Tokyo par quasiment tous les joueurs qui me disaient : “Ah ! Finalement t’es un joueur de double !”. Ce que je n’ai pas forcément très bien pris (sourire). Parce qu’avant tout, j’essaie d’être un joueur de simple. Et c’est sûr que ce n’est pas évident de faire les deux. Ça pompe pas mal d’énergie sur les tournois. En plus de ça, on ne peut pas vraiment gérer le fait de faire une carrière de double en plus du simple. Il faut avoir quasiment le même classement. C’est un problème que j’ai eu il y a trois, quatre ans quand je jouais bien en double. J’étais rentré brièvement dans le top 100, deux ou trois mois, alors qu’en simple je devais être entre la 250e et la 300e place mondiale. Durant cette période, quand j’allais loin en double je ne pouvais pas jouer le simple la semaine d’après. Parce qu’il fallait que je joue les qualif’ le week-end alors que j’étais en finale le dimanche en double. À cette époque j’ai décidé de me lancer en priorité sur le simple. J’ai joué le double à Tokyo un peu par hasard. On a gagné le tournoi, et c’est une histoire un peu incroyable parce qu’on avait perdu au dernier tour des qualifications (repêchés comme lucky losers, P2H et Przysiężny ont notamment écarté les frères Bryan au premier tour avant de soulever le trophée). Maintenant, j’ai le classement (66e mondial en double au 20/10/2014) pour jouer les tournois du Grand Chelem. Le double ne sera pas une priorité l’année prochaine mais je pense qu’à l’avenir, si j’arrive à avoir le même classement en simple et en double, je pourrais jouer les deux.

Propos recueillis lors de la conférence de presse de Pierre-Hugues Herbert pour l’inauguration d’une boutique Karanta dans le 6e arrondissement de Paris.

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