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Pris de marteau

Dimitrov, un nouveau chapitre à écrire

Dimitrov mentalLe génie commence les beaux ouvrages, mais le travail seul les achève.” – Joseph Joubert

Révélé à 18 ans sur les courts de Rotterdam par une victoire contre Tomáš Berdych et une défaite en trois sets face à Rafael Nadal, Grigor Dimitrov est dès lors étiqueté futur chef d’œuvre du tennis. Petit prodige de la raquette, le Bulgare écrit sa carrière grâce à son génie et fait son entrée dans le top 100 avant même d’avoir fêté ses 20 ans. Puis, malgré quelques coups d’éclat, “Baby Federer” peine à passer l’âge des couches. Entre 2011 et 2013, il prend part à toutes les levées du Grand Chelem (soit 12) et n’atteint le troisième tour qu’une seule fois (Roland-Garros 2013). Sur la même période, il ne joue qu’un quart de finale de Masters 1000 (Monte-Carlo 2013) pour 16 tentatives. Loin du prix Nobel de littérature, encore en cours d’écriture, Dimitrov sait qu’il manque à son ouvrage un chapitre important. Celui du physique. Talentueux mais fragile, le gaillard est aussi résistant sur un court de tennis que la peau d’un roux en plein cagnard.

Régulièrement, les crampes s’en prennent à ce petit corps si cher à une certaine Maria S. et parfois même avant que le deuxième set ne soit achevé (ici, et ici à partir de 16:30) ! Fin 2013, le joueur venu du pays du yaourt décide de changer de coach et débute une collaboration avec Roger Rasheed. Un musculeux australien toujours bronzé réputé pour transformer ses protégés en véritables athlètes. Un travail nécessaire à imposer à son élève surdoué afin de l’aider à s’élever au rang de maître de l’art tennistique. Vierge de titres avant ses débuts avec Rasheed, Dimitrov compte désormais quatre trophées à son palmarès (Stockholm 2013, Acapulco 2014, Bucarest 2014, Queen’s 2014). Hormis l’échec parisien (élimination au premier tour à Roland-Garros), son bilan 2014 en Majeurs est plutôt glorieux (quart de finale à l’Open d’Australie, demi-finale à Wimbledon, huitième de finale à l’US Open). En Masters 1000, il compte déjà deux derniers carrés à son actif (Rome et Toronto). Réputé pour ses qualités techniques et offensives par le passé, Dimitrov est désormais loué, aussi, pour sa défense et son physique. “Je trouve qu’il a vachement progressé dans tous les domaines, surtout physiquement”, estime Gaël Monfils. “Maintenant, il peut tenir dans la durée.”

Une capacité à durer que ne teste pas le showman français en huitième de finale de l’US Open en cours. Bien aidé par les défaillances du Bulgare dans les instants décisifs, “la Monf” s’impose sans avoir à jouer les prolongations (7/5 7/6 7/5). Désormais doté d’un coffre assez grand pour contenir cinq heures de match si nécessaire, le huitième joueur mondial doit encore sensiblement progresser dans un domaine pour franchir un nouveau palier : le mental. Accumulant les fautes dans les moments cruciaux, le natif d’Haskovo offre le break sur un plateau dans les premier et troisième sets (notamment une double faute sur la balle de match) face à Monfils. Pis encore, le jeu décisif de la deuxième manche. Ayant deux balles de set en sa faveur, menant 6-4, “Grigou” commet quatre fautes consécutives. Sur la première d’entre elles, il manque un coup droit facile, à mi-court, en se précipitant sur la boule de feutre jaune tel un homme se ruant sur un buffet après 3 mois de grève de la faim. Un raté rappelant sans doute à notre mangeur de balles le mauvais souvenir de son quart de finale de l’Open d’Australie.

Remember… À Melbourne, face à Rafael Nadal, Dimitrov a l’occasion d’empocher le tie-break du troisième acte. Après un bon service, il bénéficie d’un retour faiblichon du champion au slip trop serré, mais envoie son attaque hors des limites du court (à partir de 14:29). Ensuite, Nadal s’est envolé. La demi-finale de Wimbledon met également en lumière la fragilité mentale de Dimitrov. Mené deux manches à une, il se procure trois opportunités consécutives de revenir à hauteur du Serbe durant la “pause cravate”. En vain. Repris au score par “Djoko”, notre héros malheureux flanche. Sur une double faute, à 6-6, il donne généreusement une balle de match au futur vainqueur du tournoi (à partir de 17:21). Solide physiquement, Grigor Dimitrov doit maintenant épaissir le chapitre mental avant de pouvoir entamer celui des grandes victoires et des titres du Grand Chelem. S’il y parvient, sa carrière pourrait bien devenir l’une des plus belles œuvres du tennis.

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