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Pris de marteau

Dans la jungle, le “Stanimal” n’est pas un cas isolé

calmar-geantPrédateurs, crocodiles, taureau(x), drôles d’oiseaux… Le circuit ATP est une véritable jungle. Une seule loi règne, celle du plus fort. Au pays des kangourous, le “Stanimal” s’impose comme le roi des animaux à raquettes en début d’année. Sans crinière, tapis dans l’ombre, il étouffe ses proies les unes après les autres tel un puissant boa constrictor. Jusqu’à se délecter de la savoureuse chaire du Taureau de Manacor en guise de festin final. Un triomphe sur les courts de l’Open d’Australie et un premier titre du Grand Chelem ayant pour effet de déclencher sa mue.

D’outsider, Stan Wawrinka (comme il faut désormais le nommer) devient un joueur majeur attendu au tournant. À Roland-Garros, numéro 3 mondial, il se retrouve pour la première fois de sa carrière dans la peau d’un favori (derrière Rafael Nadal et Novak Djokovic) au moment d’aborder un tournoi du Grand Chelem. Plongé à 20 000 lieues sous les mers, le Suisse craque sous la pression et trouve en Guillermo García-López son tentaculaire calmar géant. Défait 4/6 7/5 2/6 0/6 au premier tour du majeur parisien, Wawrinka réfute la thèse de l’explosion sous l’effet des lourdes attentes pesant sur ses épaules. “Non, je me sentais bien”, répond-il à un journaliste le questionnant  sur une possible difficulté à gérer cette nouvelle étiquette de favori.

Toutefois, la suite de sa réponse donne matière à en douter. “J’avais l’impression de bien gérer la pression. (…) Je suis à un tournant de ma carrière (…) après avoir gagné un tournoi du Grand Chelem, un Masters 1000 (Monte Carlo), avoir occupé la position de numéro 3, les choses sont totalement différentes. (…) La pression est différente. Je ne dis pas qu’il y en a plus mais mes attentes sont différentes. Je joue tellement bien, je me sens tellement fort à l’entraînement, cela se passe tellement bien qu’après, en match, peut-être que j’en attends un peu trop et je ne suis pas satisfait quand il y a des petites choses qui ne vont pas. Comme j’ai toujours envie de plus, de progresser, d’aller plus haut, parfois ce n’est pas super et c’est un peu négatif pour mon jeu.” S’il affirme ne pas ressentir plus de pression émanant du public et des médias, le Vaudois reconnaît avoir placé ses attentes envers lui-même à un niveau d’exigence pouvant le faire déjouer, après son titre à Melbourne.

Bourreau du joueur de 29 ans, García-López est sans doute le mieux placé pour jauger la performance de sa victime. “Je pense que le mental l’a lâché”, estime l’Espagnol. Une défaillance dont le grand pote de Benoît Paire n’a pas à rougir. Depuis le début de l’ère Open, beaucoup de champions ont rapidement flanché lors du Majeur disputé après leurs premiers sacres “grandchelemiens”.

Dur, dur d’être favori”, chantent-ils aujourd’hui tous en chœur sur un remix de Jordi. Néanmoins, l’ex “autre suisse” a de quoi se rassurer. Parmi ces 22 joueurs, seuls Goran Ivanišević et Andrès Gómez n’ont ensuite jamais retrouvé la deuxième semaine d’une levée du Grand Chelem. 17 se sont par la suite hissés au moins une fois en demi-finale (Nadal, Costa, Johansson, Hewitt, Moyà, Rafter, Kuerten, Krajicek, Kafelnikov, Sampras, Cash, McEnroe, Tanner, Vilas, Edmondson, Borg, Kodeš). 10 d’entre eux ont même soulevé, au minimum, un autre trophée majeur (Nadal, Hewitt, Rafter, Kuerten, Kafelnikov, Sampras, McEnroe, Vilas, Borg, Kodeš ). Seul hic, ils étaient tous bien plus jeunes que Wawrinka au moment de leurs premiers sacres…

Si un nouveau triomphe lors de l’un des quatre tournois les plus importants de la planète paraît, aujourd’hui, extrêmement ardue, le “Waw” a le potentiel pour renouer avec le dernier carré. En outre, sa défaite d’entrée à Roland-Garros est aussi en grande partie imputable à García-López. Par son tennis malin, serein, “GGL” a maintenu Wawrinka sous l’eau et ne lui a jamais permis de rentrer dans la partie. “Moi, j’étais tranquille”, a expliqué “Guillermo la malice”. “Tactiquement, j’ai bien joué, je l’ai bougé sur le court, j’ai souvent changé de rythme et cela a fini par payer.” De son côté, le “Stanimal”, une fois sa mue terminée, devra se forger une solide carapace pour retrouver les sommets d’un tournoi du Grand Chelem.

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  1. Pingback: Le “Stanimal” : une tortue ninja ! | PRISE MARTEAU - 12 juin 2015

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