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Pris de marteau

Étoiles montantes, ou filantes ?

etoile_filanteLe circuit ATP est telle une galaxie. Certains astres sont plus puissants, plus éblouissants que la moyenne. Mais au fil du temps, leur éclat diminue jusqu’à finir par s’éteindre. S’ils sont encore à des années lumières de l’extinction, des stars comme Rafael Nadal et Andy Murray peinent à briller depuis le début de la saison. De quoi permettre à certaines étoiles montantes de sortir de l’ombre et s’offrir quelques jolies performances. Kei Nishikori, Alexandr Dolgopolov, Fabio Fognini et Ernests Gulbis figurent tous dans le top 15 à la Race (au 05/01/2014). En revanche, d’autres espoirs du tennis mondial ont du mal à confirmer leurs performances passées pour se faire une place au soleil.

Demi-finaliste de Wimbledon la saison passée, Jerzy Janowicz se hisse jusqu’au 14e rang mondial (le 24/08/2013) grâce à un huitième de finale au Masters 1000 du Canada dans la foulée de son aventure londonienne. Ensuite, tout s’écroule. Le géant polonais ne réalise plus une seule grosse performance dans un grand tournoi. Excepté un huitième à Bercy, il est éclipsé de tous les Masters 1000 auxquels il participe (Indian Wells, Miami, Monte Carlo, Madrid) dès son entrée en lice. En Grand Chelem, ce n’est guère plus chatoyant. Une défaite au premier tour de l’US Open, puis un 3e tour à l’Open d’Australie. Depuis l’été dernier, ses meilleurs performances sont une demi-finale à Montpellier (ATP 250) et un quart à Rotterdam (ATP 500). Bien trop faiblichon lorsqu’on aspire au top 10.

Âgé de 23 ans, comme Janowicz, Vasek Pospisil se révèle au grand public à Montréal, sur son sol, lors du Masters 1000 du Canada. Stoppé en demi-finale par son compatriote Milos Raonic, le joueur à l’allure dégingandée réalise son premier gros coup. 128e au classement ATP début 2013, il pointe au 25e rang après son 3e tour (le premier de sa carrière en Grand Chelem) à l’Open d’Australie. Néanmoins, depuis son explosion, le Canadien n’arrive plus à remettre la main sur la recette du coup d’éclat. Pis, il ne parvient pas à franchir le 2e tour d’un Masters 1000 malgré six tentatives (Cincinatti, Shanghai, Paris, Indian Wells, Miami, Monte Carlo). Seul résultat notable, une demi-finale à Bâle (ATP 500) en fin de saison dernière.

Au niveau du classement ATP, le manque de résultat de ces deux gaillards ne pèse pas encore énormément. Ils n’avaient que très peu de points à défendre durant ces premiers mois. Cette semaine, Janowicz est 21e, Pospisil 31e. En revanche, la Race est nettement plus révélatrice de leurs niveaux actuels. Le Polonais pointe au 58e rang, pour trouver trace du Canadien, il faut descendre jusqu’aux portes du top 100, à la 95e place. Cette saison, “JJ” affiche un bilan de 6 victoires pour 9 défaites et reste sur 7 échecs consécutifs. “VD”, lui, compte 3 succès, pour 7 revers. Depuis son forfait face à Stanislas Wawrinka à Melbourne, il n’a plus remporté le moindre match.
Comment expliquer la chute de ces deux tennismen perçus comme de sérieux prétendants au top 10 il y a encore quelques mois ?

Tous deux ont été stoppés dans leurs élans par des blessures. Touché au dos, le filiforme Jerzy ne peut défendre ses chances à Flushing Meadows. Une blessure qui gâche sa fin d’année dernière. Le dos réparé, c’est au tour du pied de lâcher. Victime d’une fracture en décembre, le natif de Łódź joue l’Open d’Australie sous la contrainte de la douleur. De son côté, souffrant du dos, Vasek le blondinet venu du froid abandonne lors de sa demi-finale face à Wawrinka à Chennai en tout début de saison. Forfait à Sydney, il retrouve les courts à l’occasion de la première levée du Grand Chelem. Malheureusement, après deux tours victorieux, la blessure renaît et le force à jeter l’éponge alors qu’il s’apprête à retrouver le “Stanimal”. A croire que l’animal en question un véritable chat noir… Forfait à Madrid cette semaine, le natif de la charmante petite bourgade de Vernon souffre toujours du même mal. Cinq mois après. De quoi en avoir plein le dos (!)

Aussi petits que le Soleil est froid, Janowicz (2,03 m) et Pospisil (1,93 m) ont des styles de jeu similaires. Basés sur un énorme service, un gros coup droit et une bonne dose de prise de risque, ils nécessitent une très grande confiance. Or, la confiance est une chose fragile. Telle un château de cartes, elle peut s’écrouler au moindre courant d’air. Blessés, nos deux “héros” ont vu leurs belles dynamiques victorieuses s’interrompre. Revenus alors qu’ils n’avaient pas encore retrouvé leurs pleines mesures physiques, il ont sombré dans une spirale négative. Le doute s’est immiscé dans leurs esprits. Résultat, ça cogite dans le bocal, le bras est moins relâché, et la capricieuse balle feutrée de jaune sort de quelques centimètres là où elle prenait la ligne auparavant. Pour revenir à leurs meilleurs niveaux et reprendre leurs ascensions, “Jaja” et “Popos” vont devoir retrouver leurs intégrités physiques et se rebâtir, petit à petit, une solide confiance. Sinon, ils risqueraient d’être perçus comme deux toutes petites étoiles filantes n’ayant pu exaucer leurs vœux et ceux de leurs supporters.

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