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Pris de marteau

Le commerçant en plumes devenu vendeur de rêves

Bonne-nuit-les-petitsEn vieil allemand, “Federer” signifie “commerçant en plumes. Loin de répondre à un appel d’offre de Patrick Sebastien pour fournir son Grand Cabaret, “Rodgeur” vend un autre type de produit depuis le début de saison : du rêve. Nouveau concurrent du Nounours de Nicolas et Pimprenelle ainsi que du Marchand de sable, “Roger Federêves” fait souffler une douce berceuse aux oreilles de ses fans. Composée de coups de raquettes rappelant les belles années de petit Chelem (2004, 2006 et 2007), elle laisse songer à un retour du roi à son apogée. Mais n’est-ce pas là se laisser emporter par le vent de la nostalgie ? Certes, débarrassé de ses problèmes de dos, muni d’une nouvelle raquette et d’un Stefan Edberg avisé, Federer est revenu à un niveau nettement supérieur à celui qui était le sien en 2013. Mais est-il pour autant redevenu le génie du passé comme on peut parfois le lire ou l’entendre ?

Si l’on excepte la défaite contre Lleyton Hewitt à Brisbane pour son tournoi de reprise, le Bâlois n’affiche aucun revers face à des joueurs moins bien classés que lui cette saison. Seul hic, il ne compte pas non plus de victoire sur un top player, vainqueur de tournoi du Grand Chelem, en pleine possession de ses moyens. Lors de l’Open d’Australie, en quart de finale, il domine un Andy Murray de retour de blessure (désormais séparé d’Ivan Lendl, l’Écossais n’a d’ailleurs toujours pas retrouvé son meilleur niveau et affiche des résultats bien ternes). En demie, alors que le miracle semble, pour certains, plus que possible, le Suisse est finalement facilement ficelé par Rafael Nadal et son coup droit “lasso”.
Quelques semaines plus tard, le trentenaire rebondit et soulève le 78e trophée de sa carrière à Dubaï. Au passage, un succès de prestige sur Novak Djokovic. Succès à nuancer. Sans être mauvais, le Serbe ne présente pas son meilleur tennis. Friable mentalement, il commet de grosses erreurs (notamment des doubles fautes) sur les points clefs du match.  À Indian Wells, pour le premier Masters 1000 de l’année, les deux gaillards se retrouvent en finale. Après un premier set digne de ses plus belles années, “le Maître” décline légèrement et voit son adversaire revenir dans le match. Malgré une faiblesse mentale toujours présente, et révélée par son infâme jeu de service au moment de conclure le match (à 5/4 en sa faveur dans l’ultime set), “Nole” finit par triompher au bout du suspens (3/6 6/3 7/6).

Lorsqu’on analyse le début de saison de “Papy Roger”, il paraît donc, je pense, un peu osé d’affirmer que l’intéressé a retrouvé les gambettes de sa jeunesse. Pour cela, il lui manque, à mon avis, une victoire face à un ogre du circuit au sommet de son art. Néanmoins, l’année est encore loin d’être terminée, et le natif de Bâle affiche de sérieux signes de montée en puissance par rapport à l’an dernier. Une époque où il se montrait incapable de battre un joueur comme Djokovic aux trois quarts de son potentiel maximal. Avant Dubaï, il restait d’ailleurs sur 3 défaites face au tennisman venu des Balkans. Il n’était plus parvenu à en venir à bout depuis Cincinnati en 2012. En outre, lors du tournoi émirati, l’idole Suisse s’est offert une première. Il n’avait jamais vaincu le Belgradois après avoir perdu le 1e set. Autre signe du renouveau, le niveau de jeu presque inhumain affiché par “l’Éminence suisse” lors de la manche initiale de la finale d’Indian Wells. “Nom de Zeus, Marty ! Nous voilà de retour en 2006”, se serait même exclamé Doc. Prudence toutefois, “Fed” avait déjà produit un tennis stratosphérique au cours de la première manche de son quart de finale contre Nadal à Cincinnati l’été dernier. Une brève étincelle n’ayant pas eu le pouvoir de raviver la flamme pour la suite de la saison. La faute, entre autre, à un dos douloureux.

Cette fois, l’espoir semble permis. Mais les adorateurs du “Dieu”, et plus largement du tennis, doivent prendre garde à ne pas s’enflammer trop rapidement. Si “Rodgeur” ne se montrait pas à la hauteur de leurs attentes “grandchelemiennes” en 2014, la déception pourrait être immense. Jusqu’à les pousser à écumer certaines soirées à ciel ouvert afin de mettre la main sur de petites pilules magiques pour oublier leur peine. De “Federêves”, Roger deviendrait alors, pour eux, “Federaves”.

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