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Pris de marteau

Neuf mois pour accoucher d’un Saladier

Federer Coupe DavisL’esprit humain a ses limites. Pour certains, elles ne dépassent pas une barre de limbo placée à hauteur d’un lilliputien allongé, pour d’autres elles s’élèvent bien au-delà du record du monde de saut à la perche détenu par Sergueï Bubka. Mais quel qu’en soit son potentiel, un cerveau est fatalement impuissant face à certains cas. S’il est aisé de se représenter mentalement une figure géométrique à quatre côtés, il est, par exemple, impossible d’en faire de même avec une autre en comportant un millier (vous venez d’essayer, avouez !? AVOUEZ !). Même constat pour la salle des trophées de Roger Federer. On ne peut qu’essayer de se figurer, sans exactitude, une pièce éclairée par l’éclat brillant d’une tonne de récompenses. Une pièce aussi bondée qu’un centre commercial en période de soldes dans laquelle il reste néanmoins une petite place vide. Celle dévolue au Saladier d’argent.

Rarement investi dans la Coupe Davis, “le Maître” n’a jamais remporté cette compétition. Seul titre majeur, avec le simple olympique, manquant encore à son colossal palmarès. Un vide que “Rodgeur” entend sans doute combler cette année. À la surprise générale, l’ancien numéro un mondial a participé au premier tour de la prestigieuse épreuve par équipe. En 2012, son retour au service de la patrie s’était soldée par un fiasco, d’entrée, face aux États-Unis. La faute au meilleur ami de Benoît Paire ?  “Il (Wawrinka) n’a pas fait son meilleur match en simple vendredi”, avait lâché un Federer pourtant lui aussi battu (par John Isner) lors de la première journée. “C’est dommage, à cause de cette défaite, on n’a pas pu mettre les États-Unis sous pression. Moi j’ai fait un assez bon double, mais Stanislas pas tant. Si on avait réussi à aller jusqu’au dimanche, moi, j’étais le favori face à Fish et, après, dans un cinquième match on ne sait jamais ce qui peut se passer”. La même année, en décembre, c’était au tour de Wawrinka de glisser un petit tacle à son illustre compatriote. “Roger n’arrête pas de dire depuis des années que la Coupe Davis est importante pour lui, mais ce n’est clairement pas le cas actuellement”, avait alors déclaré l’actuel numéro 3 mondial. “Apparemment, la Coupe Davis n’est pas aussi importante pour lui. Je suis désolé qu’il tourne toujours les choses comme ça l’arrange.” Une petite querelle d’amoureux qui appartient désormais au passé. Aux côtés d’un Stanislas Wawrinka fraîchement couronné d’un titre du Grand Chelem, Federer et la Suisse ont cette saison de très bonnes chances de décrocher la première Coupe Davis de leur histoire. L’occasion pour moi de m’adonner à un peu de « tennis-fiction ».

Faciles vainqueurs d’un Serbie démunie de ses meilleurs éléments (Novak Djokovic, Janko Tipsarević, Viktor Troicki) pour leur entrée en lice, “Fed » & co affronteront le Kazakhstan de Mikhail Kukushkin et Andrey Golubev (dont voici le fabuleux site internet, merci à Double Faute pour cette découverte) en quart de finale. Une mission aussi facile que faire ruisseler quelques larmes le long des joues d’Alizé Cornet. En demie, les soldats du pays neutre retrouveraient alors l’Italie ou la Grand-Bretagne. Hormis Andy Murray, les Britanniques ne comptent aucun joueur parmi le top 100. La seule chance pour les “Grands-Bretons” seraient de voir Murray triompher de “Rodgeur” et “Stan” en simple, et de lui faire disputer le double afin de glaner les trois points de la victoire (comme disent les footballeurs). Possible, certes, mais hautement compliqué. Quant à l’Italie, bien qu’emmenée par un Fabio Fognini aux coups d’éclats parfois géniaux, elle semble aussi capable d’éliminer le pays cher à Jérôme Cahuzac qu’un lézard de terrasser un dragon. Pour faire dans l’euphémisme, les embûches placées sur la route suisse jusqu’en finale n’ont rien d’insurmontable

Dans l’autre partie de tableau, les quarts opposeront le Japon à la République tchèque et la France à l’Allemagne. Dépourvue de Rafael Nadal et David Ferrer, l’épouvantail espagnol a, lui, quitté le champ d’entrée. Doubles tenants du titre, les Tchèques devront faire sans leur atout principal pour la suite de la compétition. Tomáš Berdych ayant en effet annoncé qu’il ne participerait qu’au premier tour cette saison. Côté japonais, le seul Nishikori aurait bien du mal à hisser son pays en finale pour venir à bout de Federer et Wawrinka. L’adversaire le plus coriace pour l’ogre suisse semble être la France. D’autant plus qu’une finale France-Suisse aurait lieu en terres gauloises. Toutefois, les Bleus devront d’abord se défaire des Teutons. Florian Mayer, Philipp Kohlschreiber et Tommy Haas ont dans leurs cordes quelques flèches qui pourraient bien faire mouche face aux “nouveaux Mousquetraires” et les mener à un affrontement contre les descendants de Guillaume Tell.

Pour que ce scénario fictif envoyant la Suisse en finale devienne réalité, encore faut-il que Federer se décide à jouer les prochaines rencontres. Or, la messe n’est pas encore dite. Le “Dieu du tennis” laissant encore planer une part d’incertitude presque mystique à propos de son implication future. “Le prochain tour est dans trois mois, la finale dans neuf mois”, a rappelé l’homme aux 17 titres du Grand Chelem (7 Wimbledon, 5 US Open, 4 Open d’Australie, 1 Roland-Garros). “Est-ce que Stan et moi seront en forme dans neuf mois ? Est-ce qu’on ne sera pas blessés ? On ne peut regarder aussi loin.” Si, dans neuf mois, les deux acolytes sont au rendez-vous et en pleine possession de leurs moyens, la Suisse pourrait bien accoucher d’un beau bébé en argent.

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Discussion

Une réflexion sur “Neuf mois pour accoucher d’un Saladier

  1. Dans le cas de Berdych, c’est au conditionnel : « J’ai gagné deux fois le Saladier, j’ai fait pas mal de choses pour l’équipe au cours de ces dix, onze dernières années. Je dirais qu’un repos serait bien mérité », « On verra. Ceci à propos de la rencontre contre le Japon. Stepanek et Rosol peuvent tout à fait passer le Japon sans lui en tous cas.

    Publié par Patricia Venant | 27 février 2014, 09:24

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