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Pris de marteau

Booba, Amanda Lear et Youzhny

Youzhny USOLes sportifs ont un Q.I. de fruit de mer, Booba est un gangster,  Amanda Lear est un homme… Certaines contrevérités (quoi que pour Amanda Lear…) ont la dent dure. Plume de dentiste en main, je vais tenter d’en ramollir une. Non, Mikhail Youzhny n’est pas le genre de bonhomme au mental friable. Bien au contraire. Hier (le 3 septembre), le Russe s’est imposé (6/3 3/6 6/7 6/4 7/5) face à Lleyton Hewitt. Mené 4/1 dans le quatrième set, puis 5/2 dans le dernier, le Moscovite est revenu d’un monde inconnu pour atteindre son 6e quart de finale en Grand Chelem. Performance presque inhumaine quand on connaît la hargne et les qualités de « matcheur » d’Hewitt. Avant cette rencontre, l’Australien avait mené 52 combats en 5 sets. Bilan : 32 victoires, 19 défaites. Après ce choc entre trentenaires, j’ai pu entendre dans les médias ou lire sur les réseaux sociaux quelques inepties comme « cette fois, Youzhny n’a pas craqué« , « pour une fois, il est resté calme et ça lui a permis de gagner« . « Cette fois » ? « Pour une fois » ? Faux :

  • Les Français ont la mémoire courte. Le tennisman à la bouille de taulard s’est révélé au détriment des Bleus grâce à une solidité mentale ébouriffante. En 2002, alors âgé de 20 ans, il remplace Yevgeny Kafelnikov pour affronter Paul-Henri Mathieu et disputer le match décisif de la finale de la Coupe Davis à Bercy. Après s’être retrouvé à 2 sets 0 contre lui, et être passé à 2 points de la défaite dans le 4e set, le jeune Mikhail crucifie finalement la bande à Forget et offre le Saladier d’argent à son pays. Le premier de l’histoire de la Russie. Youzhny est à ce jour le seul joueur à avoir remonté un handicap de 2 sets lors de l’ultime rencontre d’une finale de Coupe Davis.
  • Si le physique est d’une importance incommensurable lors d’un match en 5 sets, le mental l’est tout autant. Dans une ultime manche, l’épuisement gagne les organismes, la tension est à son paroxysme et les nerfs sont mis à rude épreuve. À un stade où la technique devient presque secondaire, la victoire revient à celui qui est le plus apte à garder la tête froide. À ce petit jeu aux allures de guerre psychologique, le tennisman-philosophe est un général chevronné. En carrière, il affiche un bilan de 20 victoires pour 32 matchs en 5 sets disputés.
  • Certes, Youzhny a le sang chaud. Des raquettes brisées, il en a deux semi-remorques et un bagage à vélo remplis dans son garage. Mais cela ne lui a jamais fait perdre ses moyens. Une fois son outils de travail martyrisé, l’ancien 8e joueur mondial est de nouveau dans le match. Le genre de gaillard capable de se taper sur le crâne jusqu’au sang, puis de débreaker alors que son adversaire sert pour le match et s’imposer dans la foulée.

En quart de finale, face à Novak Djokovic, Mikhail Youzhny devra affronter une vérité bien difficile à faire mentir. Depuis Wimbledon 2010, le Serbe a joué les demi-finales de toutes les levées du Grand Chelem. Soit 13 d’affilée.

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