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Pris de marteau

Maria & Jimmy

Jimmy-Connors-Maria-SharapovaAvec Laurel la grande tige et Hardy le petit joufflu, le cinéma a eu son duo des extrêmes. Grâce à Maria Sharapova et Jimmy Connors, le tennis a désormais le sien. Bien que l’Américain,  qui a légèrement forci depuis la fin de sa carrière, soit obligé de regarder sa nouvelle élève en contre-plongée (1,78 m pour Connors, 1,88 m pour Sharapova), la comparaison ne porte pas sur le physique. Du temps où il était joueur, « Jimbo » était l’un des princes de la volée. La Russe, elle, semble persuadée qu’un dégénéré s’obstine à truffer les carrés de service de mines antipersonnel à chacun de ses matchs. Aussi à l’aise au filet, qu’un cul-de-jatte dans une boutique de chaussures, « la Tsarine » passe la quasi-totalité des ses matchs au fond. Même lorsqu’elle bénéficie d’une balle à mi-court, elle s’empresse de reculer aussitôt son attaque frappée. Malgré cette opposition extrême sur le plan du jeu au filet, Connors et Sharapova ont officialisé leur collaboration. « Je suis contente d’annoncer que Jimmy Connors sera mon nouveau coach« , a annoncé, hier (le 13 juillet), la numéro 2 mondiale. « Je connais Jimmy depuis de nombreuses années et nous avions brièvement travaillé ensemble en 2008, juste avant l’Open d’Australie. » Et le travail avait porté ses fruits. La grande blonde aux yeux verts avait remporté le majeur australien sans perdre le moindre set. « Je suis très excité à l’idée de travailler avec une quadruple championne en Grand Chelem« , a de son côté déclaré « Jimbo ». « Augmenter ce chiffre est le principal objectif. Je suis impatient de prendre du plaisir et de travailler dur. »

Sur le plan du travail et de la mentalité, ce nouveau duo devrait s’entendre à merveille. Lorsqu’il écumait encore les courts, l’homme aux 8 titres du Grand Chelem (5 US Open, 2 Wimbledon, 1 Open d’Australie) était réputé pour être un combattant hors-norme. Une vraie teigne sautant à la gorge de son adversaire  du premier au dernier point de chaque match. Une rage de vaincre qui l’a poussé à poursuivre sa carrière de tennisman au-delà de la quarantaine. Lors de l’US Open 1991, à l’âge de 39 ans, il a atteint sa 31e demi-finale dans un tournoi du Grand Chelem (seul Federer a fait mieux avec 33 demi-finales). Si Sharapova n’aura sans doute pas la même longévité que son nouveau mentor, elle est de la même trempe en ce qui concerne la combativité. Sur le terrain comme en dehors, la native de Niagan en Sibérie occidentale, ne lâche jamais rien. Touchée à l’épaule droite en 2008, « Masha » a du subir une opération qui l’a éloignée du circuit WTA durant de longs mois. Pour de nombreux observateurs, la championne venue de l’Est était finie pour le tennis. « Quand vous ne jouez plus pendant 9 mois et qu’il y a peu d’athlètes qui reviennent après ces ce genre de blessure (une double déchirure au niveau des tendons de l’épaule droite), évidemment vous vous mettez à confier.« , a même confié celle qui a remporté les quatre plus grands tournois du monde. Éjectée du top 100 par sa convalescence, l’ancienne numéro une mondiale n’a réintégré le top 10 qu’en 2011, et n’a retrouvé le dernier carré d’une levée du Grand Chelem (lors de Roland Garros 2011) que plus de deux ans après son retour.  En s’associant, ces deux bourreaux de travail dopés à la rage de vaincre, que sont Connors et Sharapova, ont de grandes chances de connaître autant de succès que Laurel et Hardy. Mais, eux, ne devraient pas faire rire grand monde, et encore moins leurs futurs adversaires. Sauf peut-être quand Maria, sans doute prise d’une folie passagère, osera s’aventurer au filet.

Edit 16/08/2013 : Maria & Jimmy, c’est déjà fini ! Après un match – une défaite d’entrée face à Sloane Stephens à Cincinnati – le duo a décidé de se séparer. Lors de ce revers face à Stephens, Connors a même quitté le box de la Russe avant la fin de la rencontre.
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Discussion

2 réflexions sur “Maria & Jimmy

  1. Article sympathique, cependant une petite observation : Connors volleyait correctement, mais n’était certainement pas l’un des « princes de la volée »… au contraire de McEnroe. Connors était avant tout un joueur du fond, certes au tempérament attaquant.

    Publié par Asterixeperil | 23 juillet 2013, 11:34
  2. Je suis d’accord.
    J’ai bien dit « prince » et non « roi ». La nuance est importante, car effectivement je ne place pas la volée de Connors au niveau de celle de joueurs comme McEnroe ou encore Edberg.
    Mais le contraste Connors / Sharapova reste, dans ce domaine, extrêmement saisissant.

    Publié par prisemarteau | 23 juillet 2013, 11:47

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