//
Vous lisez...
Pris de marteau

Le « grand-Paire » édenté

Paire4834« Sur le court, il faut rester calme. » Signé Benoît Paire. Quand on connaît le personnage, ça semble presque aussi improbable qu’entendre Gilles Simon faire l’éloge de la volée. Pourtant, si la grande tige (1,96 m, 80 kg) est en constante progression depuis plusieurs années et « explose » cette saison, c’est en grand partie grâce à d’énormes progrès au niveau du comportement. Aidé par « coach Zimbler », cet écorché vif , capable de briser 48 raquettes en une saison par le passé (son record), maîtrise de mieux en mieux ses nerfs. « C’est le travail au quotidien avec mon entraîneur, Lionel Zimbler, depuis trois ans qui fait que je prends conscience que, sur le court, il faut rester calme« , expliquait Paire après sa victoire face à Marcos Baghdatis au premier tour de Roland Garros. « Il y a des moments où on joue bien, d’autres où on joue moins bien. Un match est long il ne faut pas paniquer. » Merci, M. le philosophe. Déjà, en février, à l’occasion de l’Open 13 de Marseille, lorsqu’un journaliste lui demande dans quel domaine il pense avoir le plus progressé, Paire répond : « Sur le comportement, sur le mental. J’arrive maintenant à gagner des matches à l’arraché, sans forcément bien jouer. » En mai dernier, l’Avignonais, demi-finaliste du Masters 1000 de Rome, éclate à la face du grand public en s’offrant au passage le scalp de Juan Martin Del Potro en huitième de finale. Son premier top 10. « C’est la plus belle (victoire), surtout au niveau du comportement et du jeu », explique alors « Ben ». « Je me sentais bien, pas du tout tendu. Je progresse petit à petit (…) C’est surtout la façon dont j’ai pu jouer et rester concentré du début à la fin qui me fait très plaisir. » Mais pour se rapprocher des gros bras du circuit, celui qui est désormais parmi les 30 meilleurs joueurs du monde sait qu’il doit encore s’améliorer. « Mentalement, il y a encore un gros boulot« , lâche-t-il dans un interview accordée à We love tennis en avril dernier. « Il faut que je progresse encore, c’est l’objectif numéro un, parce que j’ai toujours des rechutes. Même si ça va vraiment mieux, sincèrement« .

Pour rester en accord avec ses propos, le tennisman à l’amortie facile montre des premiers signes de « frémissements mentaux » au troisième tour de Roland Garros, face à Kei Nishikori. Bien qu’à des années lumières des « pétages de câbles » dont il régalait le public par le passé, le joueur de 24 ans s’est montré nerveux, et oscillant en matière concentration, face à la tête de série numéro 13. « J’ai eu chaud« , confiait tout de même l’une des raquette du Français après la rencontre. Quelques semaines plus tard, à Wimbledon, nous n’avons pu obtenir qu’un « CRAAAAK ! » de la part de cette même raquette. Sur le gazon londonien, le « meilleur ami » de Michaël Llodra a vu ses vieux démons ressurgir. Toutes cornes dehors, ces derniers ont poussé le protégé de Lionel Zimbler vers un état de nerf inquiétant dès le premier match. La tête ailleurs, hors du coup, écrasé (6/1 6/2 6/4) par Lukasz « Retour-volée » Kubot, 130e joueur mondial, au troisième tour, Paire envoie son outils de travail à la casse. « Dans les premiers tours mon niveau de jeu n’était pas très bon, mon comportement non plus », n’a pas caché le grand barbu après la débacle.  « C’est vraiment une surface très difficile, il faut rester concentré, on ne fait que tomber (…) Mais c’est surtout dans la tête. » Pour expliquer sa légère rechute, l’enfant du Sud a évoqué une certaine lassitude due à son début de saison chargé. « Je le sentais un peu venir car depuis le début du tournoi j’ai du mal à me motiver (…) J’ai peut-être trop joué en début d’année (…) Je n’ai qu’une envie, c’est partir en vacances« . Un manque de motivation ? Plus que ce nouveau bris de raquette, c’est peut-être ça le plus inquiétant. Comment un joueur qui ambitionne d’être capable de taquiner les tous meilleurs dans les années à venir peut-il manquer de motivation dans un tournoi comme Wimbledon ? A fortiori quand les circonstances lui offrent une occasion en or, peut-être la seule de sa carrière, d’atteindre le dernier carré d’une levée du Grand Chelem. Décapitée des deux grosses têtes de série Nadal et Federer, la partie de tableau du fantasque français ne contenait plus que des joueurs à sa portée (Mannarino face Kubot et Janowicz contre Melzer, voilà les deux « affiches » des huitièmes de finale de ce quart de tableau.) Rester calme sur un court, cela peut s’apprendre. Être motivé lors d’un tournoi majeur comme « Wimb », non. Un joueur professionnel plein d’ambition partant à l’assaut d’un tournoi du Grand Chelem sans motivation, c’est presque aussi irréaliste que de voir un grand-père édenté vouloir croquer une pomme sans l’aide de son dentier.

Publicités

Discussion

2 réflexions sur “Le « grand-Paire » édenté

  1. Le tennis c’est dur, cela dit le gazon n’est pas sa meilleure surface, alors que c’est la meilleure de Kubot, résultat plutôt logique.

    Publié par tipsajlaimepas | 30 juin 2013, 18:58
  2. Un manque certain de maturité. Si Benoît Paire avait dû percer dans le top 10, il l’aurait déjà fait. Quand on voit son comportement à encore 24 ans, cela ne présage rien de bon pour l’avenir.

    Publié par Antoine | 16 juillet 2013, 15:43

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Follow PRISE MARTEAU on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :